Scandale à Bruxelles. Les antiracistes sont arrêtés et l’extrême droite peut manifester

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Photo : Collectif Krasnyi

La semaine dernière, environ 400 hooligans menés par l’extrême droite avaient tranquillement été escortés par la police jusqu’à un rassemblement en hommage aux victimes des attentats de Bruxelles place de la Bourse. Sur leur chemin, un magasin d’alimentation avait été attaqués par plusieurs d’entre eux.

Une fois arrivés au rassemblement, ils ont brutalement perturbé l’hommage aux victimes par leurs slogans haineux, leurs saluts fascistes, leurs coups et leurs bousculades, notamment pour dégager les gens qui se trouvaient sur les marches de la Bourse afin de prendre leur place. Lorsque la police est enfin intervenue pour les faire reculer à coups d’autopompe, cela a donné lieu à des scènes d’émeute et du matériel urbain a été détruit. Tout cela n’a entraîné qu’une petite dizaine d’arrestations.

Dans les jours qui ont suivi, un appel international à manifester à Molenbeek a été lancé par le groupuscule d’extrême droite français « Génération Identitaire », ce à quoi a répondu un appel à la mobilisation antiraciste et antifasciste. Les autorités ont ensuite décidé d’interdire les rassemblements et « Génération Identitaire » a demandé de ne pas se rendre à leur rendez-vous via vidéo. Les antiracistes devaient quant à eux se réunir pacifiquement devant la Bourse, devenu lieu d’hommage permanent depuis le jour-même des attentats.

Là-bas, la police a procédé à plusieurs dizaines d’arrestations sans le moindre ménagement et à la tête du client, sans que rien n’ait été fait, pas même le déploiement d’une banderole ! Les agents disaient aux antiracistes et aux participants à l’hommage « allez-vous en, ou alors nous vous embarquons ! »

Pendant ce temps, une trentaine de militants d’extrême droite (dont notamment Rob Verreycken, responsable de Pegida Vlaanderen) ont pu se réunir à Dilbeek et se diriger ensuite vers Molenbeek. Sept d’entre eux à peine ont été arrêtés à Molenbeek et du pepper spray a été retrouvé dans une voiture.

A quel jeu joue donc la police ? Nous protéger ? Elle est incapable d’arrêter les terroristes mais n’a pas de problème à bafouer nos droits démocratiques. La police se trouve-t-elle plus en confiance pour s’en prendre à des militants antiracistes pacifiques que pour s’occuper des réactionnaires d’extrême droite,  européens ou salafistes ?

Les événements de cette journée ainsi que ceux de la semaine dernière constituent de sérieux avertissements quant au danger de l’extrême droite et de ses tentatives de récupération des attentats terroristes de Bruxelles. Ils démontrent également que nos droits démocratiques comme le droit de se réunir et de mener une action collective ne doivent pas être tenus pour acquis. Le mouvement des travailleurs et la jeunesse doivent se mobiliser et riposter contre l’extrême droite et les tentatives de brider la résistance sociale.

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