La campagne contre le coût élevé des études est lancée

 

Les Etudiants de Gauche Actifs, l’organisation étudiante du MAS, participent à la campagne Respact parce que nous nous opposons à la hausse ininterrompue du coût des études et à la casse des services aux étudiants. Une étude de la FEF (Fédération des Etudiants Francophones) parue en septembre 2007 a calculé qu’une année d’études coûte entre 7.200 et 12.000 euros pour chaque étudiant. Entre temps, il ne fait aucun doute que cette contribution va encore augmenter. De plus en plus de jeunes doivent trouver un job afin de pouvoir payer leurs études.

Face au manque de moyens, nous revendiquons la hausse des dépenses publiques pour l’enseignement à hauteur de 7% du PIB. Nous pensons qu’une campagne ne doit pas se limiter à la hausse du minerval, mais doit au contraire s’intéresser à tous les facteurs qui contribuent à la hausse du coût des études (et donc au loyer des kots, au prix des syllabus, du transport,…). De même, la pénurie de logements publics à prix abordable ou la poursuite de l’augmentation du coût des transports publics (le Go Pass à 50€ au lieu de 46 à partir de février !), sapent le pouvoir d’achat des jeunes. Un mouvement contre la hausse du coût des études doit aller de pair avec le mouvement pour le pouvoir d’achat. Après tout, aussi bien les jeunes que les travailleurs ressentent les conséquences de la politique néolibérale. Une lutte d’ensemble est nécessaire afin d’obtenir des changements.

Le programme de Respact, pour sa journée du 15 novembre, était selon nous trop restreint. Il faut également mettre en avant des réponses collectives sur des sujets tels que le logement, le transport, la culture, l’alimentation… qui rejoignent les actions pour plus de pouvoir d’achat qui ont été soutenues par des centaines de milliers de travailleurs tout au long de l’année écoulée. Il est donc aussi dommage que la campagne Respact a laissé passer l’occasion de démarrer en conjonction avec l’action de la CGSP-VUB contre les économies de Vandenbroucke, qui a eu lieu trois jours plus tard.

Une campagne comme Respact a un potentiel énorme, mais ne peut pleinement le saisir que si elle dispose d’une participation active des étudiants et des travailleurs. A l’heure actuelle, Respact se cantonne trop à un fonctionnement sur base des organisations qui collaborent déjà au projet. Pour pouvoir construire Respact, il sera nécessaire d’impliquer dans la campagne des couches plus larges d’étudiants et de soutenir des actions telles que celle de la délégation de la CGSP-VUB.

 

EGA lors de la journée Respact :

Les Etudiants de Gauche Actifs ont organisé trois commissions lors de cette journée:

 

  • la lutte contre la marchandisation de l’enseignement et une réponse socialiste
  • un atelier sur la lutte pour plus de moyens pour l’enseignement avec pour orateur Jo Coulier de la CGSP-VUB
  • un atelier sur la lutte des boursiers pour un salaire égal pour un travail égal, ainsi que sur la recherche à l’université, avec pour orateur Jon Sneyers de la CNE-KULeuven, lequel a mené une campagne fructueuse autour de ce thème, obtenant ainsi une hausse de salaire pour les chercheurs !

LES ETUDIANTS NON PLUS N’ONT PAS DE PARACHUTES DORES…

 

En effet, selon une enquête menée en septembre 2007 par la Fédération des Etudiants Francophone, un étudiant paie entre 7.200 et 12.000 € par an pour ses études (la large fourchette s’expliquant entre autres par la loca-tion ou non d’un kot). Cette somme comprend le minerval, les syllabus, les livres, le loyer, l’alimentation, l’accès à la culture, les soins de santé,… La situation est d’ailleurs fort semblable pour les étudiants néerlandophones.

Tout cela pèse lourdement sur le budget des étudiants et de leur famille et empêche très clairement toute une partie des fils et des filles de travailleurs d’accéder à l’enseignement universitaire. Avec l’inflation actuelle, cette situation ne peut que s’aggraver. C’est pour cela que l’organisation étudiante du MAS, les Etudiants de Gauche Actifs, est signataire et participe à la plateforme ResPACT qui réclame la réduction du coût des études. Cette campagne arrive à point durant une période où le pouvoir d’achat des étudiants et des travailleurs doit être défendu.

Les problèmes dans l’enseignement ne se limitent cependant pas au coût des études. Ainsi Vandenbroucke, le ministre « socialiste » de l’enseignement flamand, après avoir scrupuleusement mis en œuvre la commercialisation de l’enseignement suite aux accords de Bologne, ne respecte même plus les règles de son propre plan. Celui-ci stipule en effet que les subsides aux universités et aux hautes écoles flamandes doivent être indexés.

Donc, en toute logique, la VUB verrait son budget augmenter d’environ 3,34%, mais le ministre ne veut l’augmenter que de 1,9 %… Soit un manque de 2 millions d’euros pour l’université, ce qui signifierait très certainement une cinquantaine de licenciements dans le personnel, un chiffre énorme pour un établissement tel que la VUB. Le pire, c’est que ce scénario risque de se reproduire dans toutes les universités et hautes écoles flamandes.

Comme les gouvernements refusent de refinancer l’enseignement, ce sont les autorités des différentes institutions qui sont obligés d’appliquer des coupes budgétaires dans leurs propres établissements. Si nous voulons rendre les études accessibles et de qualité pour tous, nous devrons rompre avec la logique qui veut transformer les universités et les hautes écoles en centres de recherches et en sous-traitants des grandes multinationales. Pour cela, davantage de moyens publics pour l’enseignement sont nécessaires : il faut un refinancement public de l’enseignement à hauteur de 7% du PIB. Et, pour offrir une indépendance aux jeunes et offrir une réponse à la baisse du pouvoir d’achat, il nous faut un salaire étudiant. Mais où trouver l’argent ? Là où il se trouve, dans les poches des grands actionnaires qui nous ont volés et qui continuent à nous voler avec la complicité des politiciens.

Des petits boulots superflexibles, est-ce le seul avenir pour les jeunes ?

 

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes arrivent sur le marché de l’emploi sans perspective. A Bruxelles, un jeune sur quatre dépend pour vivre d’une allocation de chômage ou du CPAS tandis qu’en Wallonie, sur les 40.000 bénéficiaires du droit à l’intégration sociale accordé par les CPAS, un sur trois a moins de 25 ans sur 3 dépend du CPAS (1).

Pour ceux qui trouvent un boulot, la tendance est à l’augmentation de la flexibilité et des bas salaires. L’augmentation du travail intérimaire ne signifie pas automatiquement pour les jeunes un tremplin vers plus de possibilités. Des contrats hebdomadaires et parfois même quotidiens n’offrent aucune sécurité d’emploi et minent toute possibilité de résistance, ce qui fait aussi pression sur les conditions de travail de tous les travailleurs. Or, ce sont surtout des jeunes qui sont touchés : en 2004, 45 % des intérimaires étaient des jeunes de moins de 25 ans et 64 % de moins de 30 ans (2).

La baisse du pouvoir d’achat limite pour beaucoup de jeunes la possibilité de continuer à étudier. Cela a aussi pour conséquence que les jeunes habitent plus longtemps chez leur parents et se voient forcés de jour les « Tanguy ». Ils sont aussi de plus en plus forcés à trouver de petits boulots pour payer leurs études. Or, les jobs de vacances sont un recours de plus en plus dangereux : en 2007, le nombre d’accidents touchant les jobistes durant l’été a augmenté de 10% (3).

 


1. Le Soir, 11 septembre 2008

2. site web Guido Portal, article de juin 2006

3. site web Prévention et Interim, septembre 2008

6 octobre: participe à la journée nationale d’action pour plus de pouvoir d'achat

 

Envolée des prix de l’énergie, du logement, de la nourriture,…

L’inflation est galopante. Ce sont les dépenses élémentaires des familles, comme l’énergie et les denrées alimentaires qui grimpent le plus. L’existence de la TVA, une taxe antisociale, a pour conséquence que les plus pauvres payent la même taxe sur les produits que les plus riches. Avec un index miné, les salaires n’ont pas suivi les augmentations de prix. Une forte augmentation des salaires est nécessaire.

Les étudiants dépendent en grande partie du salaire de leurs parents. Il y a une forte croissance du nombre d’étudiants qui travaillent, vu l’impossibilité pour la famille d’encore payer les études. Les emplois qui s’ont disponibles pour les jeunes sont le plus souvent des petits boulots ultra-flexibles. EGA défend la revendication d’un salaire étudiant afin que chacun puisse accéder à l’enseignement supérieur et puisse s’y consacrer pleinement.

 

Les riches plus riches

Les patrons et leurs politiciens veulent reporter la crise du capitalisme sur les épaules des travailleurs et des jeunes. D’après Luc Coene, vice-président de la Banque Nationale, “chacun va devoir porter sa part de l’appauvrissement collectif”. Pourtant tout le monde ne subit pas la crise de la même manière.

Avec la politique néolibérale, les riches sont devenus supers riches. Les 30.000 plus grandes entreprises on réalisé un bénéfice de 77 milliards € en 2007. Avec les nombreux cadeaux néolibéraux aux patrons, les super riches sont ceux qui contribuent le moins aux revenus fiscaux de l’Etat.

 

Les caisses sont vides ?

Le gouvernement dit que les caisses sont vides pour pouvoir faire un effort pour le pouvoir d’achat. Il n’y a pas d’argent non plus pour l’enseignement. Le sous-financement public a mit fin à la politique de services sociaux, de restos et de kots bon marché et a entrainé une augmentation des coûts des études depuis les années 80.

Le gouvernement est pourtant prêt à trouver 7,7 milliards d’euros (Fortis et Dexia) pour sauvegarder les intérêts du système financier. Quand on peut faire des profits, les politiciens vendent les entreprises publiques pour une bouchée de pains mais les pertes, elles, sont nationalisées et ainsi portées par la collectivité.

 

Etudiants et travailleurs: tous ensemble pour le pouvoir d’achat !

EGA est solidaire des travailleurs et appelle les étudiants à participer aux actions des semaines et des mois qui viennent pour plus de pouvoir d’achat et pour l’emploi. C’est pour nous la manière la plus efficace de lutter contre la dégradation de nos conditions de vie et l’augmentation du coût des études. La démocratisation et la plus grande accessibilité de l’enseignement a été obtenue par la lutte du mouvement ouvrier.

Les jeunes peuvent apporter leur enthousiasme et leur dynamisme. Mais le mouvement des travailleurs est le seul capable de faire trembler les capitalistes en leur faisant mal dans leurs portefeuilles. Le 6 octobre peut être une journée de grève réussie. Participe avec EGA aux actions du 6 octobre!

 


 

Etudiants de Gauche Actifs défend:

 

  • L’abolition de la TVA sur les produits de première nécessité !
  • Un financement public de l’enseignement à hauteur de 7% du PIB qui permet des services sociaux, des restos et des kots bon marché !
  • Un programme massif de construction de logements sociaux publics de qualité !
  • Plus de pouvoir d’achat par plus de salaire !
  • Des emplois décents, pas de petits boulots précaires !
  • Un salaire étudiant qui rend l’enseignement supérieur accessible aux enfants de travailleurs !
  • Un index qui représente le coût réel de la vie !
  • La liaison des allocations au bien-être !
  • L’abolition des cadeaux néolibéraux aux patrons !
  • Un impôt sur les grandes fortunes !
  • La semaine de travail de 32 heures, avec embauches compensatoires et sans perte de salaire !
  • Les patrons ont sacrifié nos entreprises à leur soif de profits, la collectivité doit contrôler elle même l’économie en nationalisant les secteurs clés comme les secteurs bancaire, énergétique, alimentaire,… pour que ceux-ci soient orientés en fonction des besoins, pas des profits.
  • Une société socialiste sous le contrôle démocratique des organes des travailleurs et de leurs familles !

Etudiants et travailleurs: tous ensemble pour notre pouvoir d’achat!

Au mois d’août, l’inflation a atteint 5,4%, et en un an ce sont les dépenses élémentaires et principales d’un ménage, comme l’énergie et les denrées alimentaires, qui tirent cet indice vers le haut. Face à cette augmentation du coût de la vie, c’est le pouvoir d’achat des jeunes et des travailleurs qui en ressort le plus diminué, comme le confirme encore le Crioc dans une récente étude.

De son côté, la FEB (fédération patronale), réclame la modération salariale, estimant que le salaire des travailleurs belges est trop élevé par rapport à celui des travailleurs des pays voisins. De son côté, le gouvernement fédéral dit que les caisses sont vides pour pouvoir faire un effort pour le pouvoir d’achat. Mais toutes les personnes dépendant d’un salaire ou d’une allocation, étudiants, jeunes, travailleurs, chômeurs et pensionnés, quelque soit la langue qu’ils parlent, l’ont bien compris : c’est en luttant que l’on va pouvoir défendre notre pouvoir d’achat !

Au mois de juin, beaucoup d’actions ont eu lieu, notamment la semaine d’action syndicale pour le pouvoir d’achat qui a eu lieu du 9 au 12 juin et qui a mobilisé plus de 80.000 manifestants ! Ces actions démontrent le potentiel important du mouvement ouvrier dans la défense de ses acquis sociaux, mais aussi dans une lutte offensive pour de meilleurs services publics et acquis lorsque ceux-ci ne sont plus suffisants, pour des conditions de travail décentes et pour plus de pouvoir d’achat par plus de salaire. Par exemple, à Ford Genk, la grève a permis d’obtenir pour tous les travailleurs une prime de 1.000€ bruts pour 2008 et pour 2009, les temporaires signeront un CDI et de nouveaux emplois seront créés ; en outre, la vitesse de la chaîne est diminuée.

négligeables ne sont qu’un exemple du rôle que peuvent jouer les travailleurs pour défendre leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat, et ce n’est pas un hasard. C’est en effet lié à la place des travailleurs dans la production capitaliste, où le profit dégagé par les patrons n’est rien d’autre qu’une partie non payée du travail qu’effectuent leurs employés, toujours contraints à une flexibilité de plus en plus accrue sous prétexte que la «compétitivité» est nécessaire pour le bien de tous. Dans la pratique, ce sont les profits qui augmentent et la part des salaires dans l’économie qui ne cesse de diminuer : aujourd’hui elle représente moins de 50% du PIB, un palier symbolique. Selon une étude réalisée par la FGTB, 20% des travailleurs ne s’en sortent pas avec leurs salaires, 51% rencontrent des problèmes pour terminer le mois et 80% de la population ont des difficultés grandissantes à épargner du fait que les salaires ne suivent plus la hausse des prix.

La lutte pour plus de pouvoir d’achat est indissociable de la lutte pour plus de salaire, pour des emplois décents, pour un logement et des services publics de qualité et accessibles à tous ; le rôle du mouvement ouvrier dans cette lutte est central, mais ce dernier ne peut s’isoler de la jeunesse, historiquement très combative. Cela reste vrai aujourd’hui : le taux de syndicalisation chez les jeunes travailleurs est en augmentation, et la participation des jeunes aux manifestations de la semaine d’action syndicale était impressionnante. Si les étudiants dépendent indirectement d’un salaire (celui de leurs parents) pour mener leurs études, ils en dépendent de plus en plus souvent directement : selon Randstad, le nombre d’étudiants qui travaillent pendant l’année en plus d’un job d’été a doublé et la moitié d’entre eux travaille l’équivalent de plus d’un mois à temps plein. Au total, ce sont 84% des étudiants qui effectuent un travail rémunéré.

Clairement, un jeune qui veut mener des études décemment doit se lier à la lutte des travailleurs pour défendre son pouvoir d’achat. EGA avance plusieurs revendications qui peuvent faire le lien entre les jeunes, étudiants et travailleurs, qui sont sur un même bateau pour défendre leurs conditions de vie :

  • Pour des restaurants universitaires bon marché. La privatisation progressive de ce secteur dans les universités n’amènera qu’à des hausses de prix pour le simple fait de se nourrir : un refinancement public massif est nécessaire. Parallèlement, l’abolition de la TVA sur les produits de première nécessité permettrait aussi que le prix des denrées alimentaires soit abordable pour tous.
  • Il y a un manque criant de logements abordables sur les campus. Le financement public pour la construction de kots est une nécessité, et cela permettrait en partie de faire baisser les prix. Il en va de même avec les logements sociaux, domaine où une construction massive est nécessaire.
  • Tous les étudiants ne kottent pas, et ceux qui font les navettes sont de plus en plus confrontés à un prix du carburant qui grimpe. Nous revendiquons des transports publics gratuits et de qualité, qui soient accessibles à tous.
  • EGA revendique un salaire étudiant, avec l’abolition du minerval, ce qui aura plusieurs conséquences : permettre aux enfants des travailleurs qui ne savent pas épargner suffisamment de pouvoir étudier dans de bonnes conditions ; car le travail des étudiants est souvent précaire, et les patrons profitent souvent de ces emplois ultra flexibles pour éviter d’engager de la main d’oeuvre. Un salaire étudiant va de pair avec la création d’emplois décents. L’index a déjà été fortement miné, c’est pourquoi nous réclamons le rétablissement de l’index complet et une augmentation de tous les salaires de 1€/h après inflation et une hausse conséquente des allocations.

Les gouvernements, quels que soient les partis traditionnels qui s’y trouvent, mènent une politique néo-libérale et déclarent que «les caisses sont vides» pour argumenter leurs privatisations ; pourtant les moyens sont là pour un tel refinancement de l’enseignement supérieur et pour augmenter le pouvoir d’achat des travailleurs et allocataires. Il suffit de regarder au bon endroit : les 30.000 plus grandes entreprises en Belgique ont réalisé sur l’année 2007 un profit total de 77,4 milliards d’euros ; la fraude fiscale impunie représente sur la même période une somme totale de 30 milliards d’euros, sans compter les intérêts notionnels qui offrent aux patrons pas moins de 3,5 milliards d’euros par an ! Tout cela représente environ 10.000€ par personne en Belgique sur l’année ! Dans la poche des patrons et de politiciens corrompus, voilà où sont passés notre pouvoir d’achat et notre droit à mener des études sans s’endetter !

Sur cette base, les Etudiants de Gauche Actifs soutiennent la campagne « Respacte » lancée par la FEF et la VVS pour une baisse des coûts directs et indirects des études dans l’enseignement supérieur, et nous voulons contribuer à la discussion dans cette campagne et à l’élaboration d’un cahier de revendications. Nous pensons que les étudiants doivent participer aux actions des syndicats en vue des Accords Inter Professionnels avec leurs revendications spécifiques, et ainsi de participer à la création d’un rapport de force favorable contre les volontés antisociales du patronat.