Notre histoire

Dans de nombreuses universités, jusqu’à la fin des années ’70, toute organisation politique est interdite. Le milieu étudiant est pour la plus grande partie un milieu réactionnaire. Lorsque, au milieu des années ’60, se développe une radicalisation de la classe ouvrière tout comme une augmentation de la lutte des classes, ça a aussi des conséquences sur le mouvement étudiant. Beaucoup d’étudiants prennent conscience du fait que leurs intérêts sont défendus par la classe ouvrière et tournent le dos au milieu élitiste. Là où les universités forment en premier lieu un milieu réactionnaire, il y a de plus en plus d’étudiants qui s’orientent vers les idées de gauche ou même marxistes.

Mai ’68 signifie une énorme augmentation du niveau politique dans les universités. C’est surtout en France que l’orientation première des étudiants vers les travailleurs est un énorme stimulant pour les évènements révolutionnaires de ces périodes. Mais au moment où les leaders du mouvement ouvrier français trahissent de plus en plus ouvertement leur base, les étudiants prennent une décision désastreuse sur le plan politique. Beaucoup d’étudiants se voient comme étant plus radicalisés que les travailleurs et commencent à se profiler eux-mêmes comme l’avant-garde révolutionnaire du mouvement ouvrier. Le raisonnement développé par ces étudiants est de tourner le dos aux grandes organisations ouvrières en France ( Parti communiste, syndicats, …) car leurs dirigeants essaient de freiner les mouvements de lutte. Ces étudiants se coupent ainsi de la masse des travailleurs organisés. Les étudiants se voient comme les seuls véritables dirigeants retenus pour les mouvements révolutionnaires. Ils ne font aucune analyse profonde de la situation et se coupent par leur orientation sectaire de la majorité de la classe ouvrière.

Pourtant, mai 68 permet aux étudiants d’obtenir de grands acquis des autorités universitaires. Entre autre la fin des interdictions de faire de la politique est levée et une vie politique plus active prend place sur les campus.

Des années ’70 à 1989

Beaucoup d’organisations politiques, également des organisations marxistes, ont des organisations étudiantes bien implantées sur les campus. Du côté flamand, une partie du mouvement étudiant prend à la fin des années 60 – début des années 70 – une position sur la question de la langue utilisée dans les universités belges. Ceci mène à la scission des universités de Bruxelles et de Louvain en un campus francophone et un campus néérlandophone. Il y a aussi un grand nombre d’organisations de gauche qui jouent un rôle important dans ce mouvement. A Louvain par exemple, il y a un certain nombre d’étudiants, qui plus tard en 1970 fondent l’organisation maoïste AMADA. En 1971, se développe aussi la Ligue révolutionnaire des travailleurs (LRT), la section belge de la 4ème Internationale, surtout active dans les universités.

De nombreuses fédérations étudiantes sont aussi dominées par des organisations de gauche comme les organes de coordinations, comme la Société des étudiants de Bruxelles (VUB), le Conseil étudiant de Louvain, mais aussi la fédération étudiante flamande VVS. C’est la raison pour laquelle ces organisations jouent un rôle important dans la mobilisation des étudiants dans les grands mouvements de lutte. Pendant les années ’60, il y a un projet d’un syndicat étudiant (SVB) qui doit stimuler et construire les mouvements de lutte. Le VVS s’organise alors, à la fin des années ’70, pendant un certain temps de cette manière.

ALS existe depuis 1976 à la VUB à partir d’un groupe d’étudiants socialistes qui ont rompu avec l’Union des étudiants socialistes de Bruxelles (SSUB) en 1973. Les SSUB défendent alors la politique impopulaire d’austérité du gouvernement auquel le PSB prend part, ce qui provoque un fort mécontentement d’une grande partie de leur base. ALS a un programme maximum socialiste révolutionnaire mais le lie également à la lutte concrète des étudiants pour de meilleures conditions d’étude et de vie. EGA joue un rôle crucial dans la construction d’une démocratie étudiante dans diverses universités de flandre. ALS met toujours en avant un programme qui se dirige vers le développement de la lutte des étudiants pour leurs intérêts et leurs droits. ALS entre alors souvent en conflit avec d’autres organisations « d’extrême gauche » qui immergent plutôt dans un activisme gauchiste qui a mené à des défaites au lieu de proposer réellement des perspectives à la lutte.

A la VUB, ALS a dans les années ’70, un noyau dur avec plus 200 membres. Dans les autres universités, comme Gand et Louvain, des organisations similaires sont construites.

Des années ’90 à aujourd’hui

La bureaucratisation des fédérations étudiantes de coordination est typique pour cette période. La VVS devient de plus en plus un organe pour les ambitions des carriéristes qui veulent un emploi au ministère de l’enseignement, qu’une véritable fédération étudiante. Beaucoup d’organisations étudiantes constituent aussi un frein particulier dans le mouvement de lutte contre le processus de Bologne et jouent parfois un rôle extrêmement réactionnaire.

Après 1989, ALS disparaît presque complètement. En 1998, le dernier noyau à la VUB disparaît après que sa direction a essayé de construire avec Groenlinks une petite organisation réformiste de gauche.

Depuis la fin des années ’90, les étudiants de Militant Links, qui deviendra plus tard le Linkse Socialistische Partij, se reconstruisent d’abord à Gand, plus tard également à Bruxelles, Louvain et Anvers. ALS est à ce moment-là très impliqué dans la campagne antifasciste de Blokbuster, et jouera de cette manière un rôle important pour empêcher la reconnaissance d’organisations fascistes étudiantes comme le NSV.

EGA maintenant

Actief Linkse Studenten – Étudiants de Gauche Actifs (ALS-EGA) est une organisation étudiante politique présente dans la plupart des universités, et dans un certain nombre des Hautes Ecoles en Belgique. Nous avons des sections à Gand, Anvers, Louvain, Bruxelles (aussi bien du côté néerlandophone que francophone), Liège, Mons, et Louvain-la-Neuve. Depuis cette année ALS-EGA a également une direction nationale et un programme national. C’est la seule organisation qui résiste clairement contre Bologne, et mobilise aussi dans cette lutte activement et organise des campagnes. ALS-EGA donne le ton sur les universités à la lutte antiraciste et anti-sexiste, et nous sommes la seule organisation avec un programme clair de lutte pour les droits et les intérêts des étudiants.

Les problèmes concrets liés au manque de financement de l’enseignement se font ressentir de plus en plus chez les profs et étudiants. Ce début d’année, on a vu éclater des actions spontanées et des grèves organisées par les étudiants et les profs, dans certaines Hautes-Ecoles de BXL. EGA est intervenu directement dans cette lutte pour faire le lien avec la situation dans l’enseignement en général, et ce dans le but de construire une opposition politique et anticapitaliste dans les Hautes-Ecoles. Nous allons certainement être de plus en plus confrontés à une radicalisation, une volonté de lutter et une recherche d’une alternative chez les étudiants dans les H-E.

La période qui arrive sera une période dans laquelle des économies et des privatisations prendront place dans l’enseignement, et ALS-EGA a un rôle crucial à jouer dans la construction et la politisation de ce mouvement.

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