Le moment est venu de vous organiser contre l’extrême droite !

Le Vlaams Belang a remporté les élections et a immédiatement bénéficié d’une plus grande plate-forme pour répandre sa haine. Et il y a eu des incidents. A Tongres, un homme de 58 ans a été grièvement blessé suite à une agression raciste. Un courrier à caractère raciste a été déposé dans les boîtes aux lettres de personnes étrangères et d’origine étrangère à Alost : ‘‘Vous êtes tellement en retard et non civilisés, impolis, lâches, sales, bêtes, stupides et sans valeurs. Et surtout, vous êtes de sales profiteurs, vos enfants sont si impolis, si marginaux et sans éducation.’’ L’an dernier, des jeunes avaient chanté ‘‘Handjes kappen, de Congo is van ons’’ (‘‘Couper les mains, le Congo est à nous’’) au festival Pukkelpop. Il est grand temps de s’organiser contre l’extrême droite.

Par Geert Cool, porte-parole de la campagne Blokbuster

Prenons ce combat au sérieux

Pour combattre efficacement l’extrême droite, il faut tout d’abord comprendre sur quoi repose son succès et ne pas nous limiter à exprimer notre colère, même si cela est bien entendu important. Nous n’irons pas très loin en disant : ‘‘le racisme, c’est mal’’ de manière moralisatrice. Nous devons entrer en action mais aller au-delà de ceux qui sont déjà convaincus.

Si le Vlaams Belang a remporté les élections de cette manière, c’est parce qu’il a lié son racisme à des revendications sociales. Comme d’autres partis, le Vlaams Belang a parlé des pensions et du pouvoir d’achat, souvent avec des exigences à première vue similaires à celles de la gauche. Cela a suffi pour que la fédération patronale FEB proclame que le PTB et le VB ont des programmes socio-économiques similaires. C’est une absurdité totale. Le VB cherche à masquer sous un verni social un programme totalement antisocial qui prend pour cible non seulement les migrants et les Wallons, mais aussi les chômeurs, les LGBT, les femmes, les syndicalistes,… Un salaire minimum plus élevé de 14 euros de l’heure (ou 2.300 euros par mois), une retraite de 1.500 euros dès 65 ans, des allocations sociales au-dessus du seuil de pauvreté,… quand la gauche et les syndicats revendiquent cela en se limitant presqu’exclusivement aux mots, il est difficile de faire la différence avec le VB. Le VB sera démasqué pour ce qu’il est dès que nous entrerons sérieusement en lutte pour arracher ces revendications, car il n’est pas prêt à faire quoi que ce soit. C’est par la lutte que le caractère antisocial du VB peut être démasqué.

Le Vlaams Belang lie ces revendications au racisme et à la division : la facture doit être payée par les migrants et les Wallons. Lorsque d’autres partis parlent de ‘‘payer’’, la plupart des Flamands savent immédiatement que c’est leur portefeuille qui est en ligne de mire. L’arrivée des premiers députés flamands de gauche radicale permettra, espérons-le, de donner un plus large écho au débat sur l’impôt sur le capital. Ce ne sont pas les réfugiés ou les migrants qui ont profité de la politique du gouvernement Michel : ce sont les riches et les spéculateurs. Au cours des cinq dernières années, les profits des entreprises ont en moyenne augmenté de 3,2% en Belgique contre 1,8% dans les pays voisins.

Il est facile de se reposer sur les préjugés inhérents au capitalisme pour faire porter aux migrants la responsabilité de la régression sociale. Améliorer le sort de la population – c’est-à-dire obtenir des salaires plus élevés, un renforcement de la sécurité sociale, mais aussi la fin des guerres et du pillage du monde néocolonial – exige de défier le système capitaliste. C’est la seule option réaliste : le capitalisme en crise entraîne de plus en plus d’inégalités et de tensions sociales. Sans renverser ce système, il est impossible de disposer d’une société où la majorité de la population connaitra une vie décente. C’est pourquoi nous programme repose sur la perspective de transformation socialiste de la société. (Voir également notre dossier central)

Ensemble dans la rue

La victoire électorale du VB a accru la confiance des militants d’extrême droite et de toutes sortes de racistes. Nous devons assurer que cette confiance ne donne pas lieu à des agressions en rue en occupant celle-ci quand il le faut. Depuis des années, à chaque fois que le cercle étudiant officieux du Vlaams Belang (le NSV, Nationalistische Studentenvereniging) a voulu manifesté dans une ville étudiante flamande, la campagne antifasciste Blokbuster était à l’origine d’une contre-manifestation à la participation systématiquement plus nombreuse. Nous avons cherché à mettre sous pression ce cercle dans lequel le Vlaams Belang va chercher ses nouveaux parlementaires (de même qu’au cercle étudiant catholique ultra-conservateur KVHV).

Nous devons nous organiser et discuter des actions à mener dans des comités d’action qui permettent d’affiner notre approche à chaque étape de la lutte. C’est de cette façon que l’on est le mieux à même de réagir efficacement à chaque déclaration raciste à l’école ou au boulot, pour isoler ces déclarations et encore plus le comportement qui les accompagne. Ce ne sont pas les migrants ou les réfugiés qui nous volent nos moyens : c’est le résultat du manque d’investissement pour des emplois décents, de bonnes allocations sociales, des soins de santé décents, l’enseignement, les loisirs,…

De la crise du capitalisme surgissent des éléments de barbarie, dont l’extrême droite. Vouloir la bloquer, cela implique de combattre le système qui l’alimente. La force de la société qui est capable de produire un changement de système, c’est le mouvement ouvrier. Une manifestation dynamique de jeunes est contagieuse pour le mouvement syndical, c’est d’ailleurs ce que nous avons vérifié une fois de plus au début des grèves pour le climat en janvier et février.

Le mouvement antifasciste doit être massif. Et pour assurer l’implication de couches larges de la population, le mieux est de reprendre des revendications qui touchent à leurs préoccupations quotidiennes. Ces revendications portant sur le travail, l’enseignement, les soins de santé,… représentent la meilleure réponse à la politique de ‘‘diviser pour régner’’ dont le racisme fait partie. Ces revendications ne seront satisfaites que par un changement de société : les inégalités croissantes sont dans l’ADN du capitalisme. Une société socialiste concrétisera les aspirations à un meilleur avenir pour la majorité de la population et fermera ainsi définitivement la porte au désespoir réactionnaire.

La campagne Blokbuster a joué un rôle de premier plan dans les premières actions qui ont suivi les élections – dont les manifestations des 28 mai et 23 juin à Gand. Il en ira de même à l’automne. Lorsque les étudiants du VB et du NSV manifesteront à Anvers en mars de l’an prochain, nous organiserons à nouveau la riposte antifasciste avec une contre-manifestation. Aidez-nous et rejoignez-nous !

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